Dossier spécial : Maroc, Coupe du Monde 2030 et controverses autour de la « chasse » aux chiens errants – The Athletic

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L’envers du décor : Quand l’ambition mondiale rencontre la réalité locale

L’attribution de l’organisation de la Coupe du Monde 2030 au Maroc, conjointement avec l’Espagne et le Portugal, marque un tournant historique pour le Royaume. C’est une opportunité économique sans précédent, promettant de dynamiser les infrastructures, le tourisme et l’image de marque du pays. Cependant, à l’approche de cette échéance planétaire, et au lendemain d’une CAN 2025 riche en émotions, une ombre persiste sur les préparatifs. Des rapports inquiétants, relayés notamment par The Athletic, mettent en lumière des méthodes controversées de gestion de la population canine, soulevant des questions éthiques qui pourraient ternir la réputation internationale du Maroc.

Au cœur de cette polémique se trouve la gestion des chiens errants. Alors que les projecteurs sont braqués sur les stades futuristes et les hôtels de luxe, des opérations de « nettoyage » sont signalées dans les périphéries des grandes villes hôtes. À Marrakech, non loin des quartiers prisés de Guéliz, des témoins décrivent des scènes troublantes autour d’installations discrètes, officiellement identifiées comme des abattoirs municipaux, mais qui sembleraient détournées de leur fonction première pour gérer, dans l’opacité, le flux d’animaux errants.

Morocco's Controversial Dog Cull for FIFA World Cup 2030 Sparks Debate

Des opérations de ramassage sous haute tension à Marrakech

Les descriptions rapportées par les observateurs sur le terrain sont alarmantes. Des véhicules banalisés sillonnent les rues, capturant les animaux avec une brutalité qui tranche avec les promesses de modernisation du pays. Ces actions, souvent menées à l’aube ou à la nuit tombée, visent à retirer de l’espace public tout ce qui pourrait « gêner » visuellement les visiteurs internationaux.

Cette approche expéditive rappelle malheureusement les incidents survenus lors de la CAN 2025, où la gestion logistique avait parfois primé sur les considérations humaines et éthiques. Pour un pays qui se positionne comme un pont entre l’Europe et l’Afrique, ces pratiques risquent de créer un décalage désastreux entre l’image projetée et la réalité du terrain. Les organisations de protection animale, telles que l’IAWPC (International Animal Welfare and Protection Coalition), pointent du doigt une stratégie cyclique : chaque grand événement sportif semble déclencher une vague d’assainissement radical, au détriment du bien-être animal et des solutions durables.

Le contraste est saisissant entre l’effervescence économique que suscite le Mondial 2030 et ces méthodes archaïques. Alors que les investisseurs s’intéressent aux opportunités locales, comme l’évolution du prix de véhicules haut de gamme ou le développement immobilier, la gestion du vivant reste un point noir. Des témoignages font état de conditions de détention insoutenables : surpopulation dans des cages exiguës, absence de lumière, et privation de nourriture, transformant ces centres en mouroirs plutôt qu’ en refuges.

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Les répercussions économiques et l’image du Maroc à l’international

La controverse dépasse le simple cadre de la protection animale ; elle touche à l’attractivité même de la destination Maroc. Le tourisme, pilier de l’économie nationale, repose sur une image d’hospitalité et de sécurité. Or, les touristes occidentaux sont particulièrement sensibles à la cause animale. Les récits de vacanciers choqués par la maltraitance visible ou par la disparition soudaine des « chiens de quartier » se multiplient sur les forums et réseaux sociaux.

Dans des zones touristiques comme Tamraght ou Agadir, prisées pour le surf et la détente, la peur change de camp. Ce ne sont plus les chiens qui effraient, mais les brigades de ramassage. Pour les visiteurs venus profiter d’un séjour surf au Maroc, assister à des scènes de capture violente peut transformer une expérience idyllique en traumatisme, impactant directement le taux de retour et les recommandations.

Une législation paradoxale et la position de la FIFA

Face à la pression internationale, les autorités marocaines et les instances du football tentent de rassurer. La FIFA, interpellée par des dossiers accablants, renvoie souvent à la souveraineté nationale tout en affirmant surveiller la situation. Pourtant, la législation locale envoie des signaux contradictoires. Si des textes existent pour punir la maltraitance, d’autres projets de loi semblent criminaliser l’aide apportée aux animaux errants par les citoyens, créant un flou juridique dangereux.

Voici un aperçu des divergences entre les discours officiels et les observations des ONG :

Aspect Discours Officiel & FIFA 📢 Réalité rapportée par les ONG 🔍
Méthode de gestion Programme TNVR (Capture, Stérilisation, Vaccin, Relâche) Ramassage massif, abattage et empoisonnement
Infrastructures Construction de nouveaux refuges et dispensaires Utilisation de fourrières insalubres et de décharges
Législation Protection animale renforcée et modernisée Menaces d’amendes pour les citoyens nourrissant les errants
Objectif 2030 Sécurité sanitaire et image moderne Nettoyage visuel rapide au détriment de l’éthique

Cette dichotomie place le Maroc dans une position délicate. Alors que le pays s’apprête à accueillir le monde, y compris pour la future WAFCON 2026, la persistance de ces pratiques pourrait inciter certains partenaires ou sponsors à demander des comptes, soucieux de leur propre image RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises).

L’inefficacité scientifique des campagnes d’abattage

Au-delà de l’aspect moral, l’efficacité même de la « chasse » aux chiens est contestée par les experts. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et les vétérinaires s’accordent à dire que l’élimination massive ne résout pas le problème de la surpopulation canine ni celui de la rage. Elle crée ce que l’on appelle un « effet de vide » : les territoires libérés par les chiens tués sont rapidement investis par de nouveaux individus, souvent non vaccinés et plus sauvages, migrant depuis les zones rurales environnantes.

🛑 Les conséquences directes de cette approche sont multiples :

* Augmentation des risques sanitaires : Le déplacement de populations canines non suivies favorise la propagation de maladies.
* Gaspillage de fonds publics : Les budgets alloués aux captures répétitives et à l’achat de munitions ou de poisons pourraient financer des campagnes de stérilisation durables.
* Traumatisme social : Les enfants et les citoyens, témoins de ces violences, sont exposés à une brutalité normalisée, néfaste pour la cohésion sociale.

Des figures emblématiques du football africain, comme celles évoquées lors des débats sur les stars telles que Salah, Osimhen ou Mané, ont parfois exprimé leur sensibilité envers la cause animale. Mohamed Salah, par exemple, s’était fermement opposé à l’exportation de chiens errants en Égypte. Le silence actuel des fédérations sportives face à ces accusations au Maroc est donc assourdissant, alors que le football se veut porteur de valeurs universelles.

Maroc : Massacre des chiens errants avec la Coupe du monde ?

Pour réussir son pari de 2030, le Maroc doit impérativement aligner ses standards éthiques sur ses ambitions infrastructurelles. La modernisation ne se limite pas au béton ; elle passe aussi par une gestion humaine et scientifique du vivant. En tant que carrefour international, illustré par son rôle de pont stratégique entre l’Europe et l’Afrique, le Royaume a tout à gagner à adopter le modèle TNVR (Trap-Neuter-Vaccine-Return), seule méthode prouvée pour stabiliser les populations canines tout en préservant la santé publique et l’image du pays.

Pourquoi la gestion des chiens errants est-elle liée à la Coupe du Monde 2030 ?

L’accueil d’un événement mondial comme la Coupe du Monde impose des standards élevés en matière d’image, de sécurité et de propreté urbaine. Les autorités cherchent souvent à retirer les animaux errants des zones touristiques et des abords des stades pour rassurer les visiteurs et présenter une image « moderne » du pays, ce qui entraîne parfois des méthodes de gestion expéditives et controversées.

Qu’est-ce que le programme TNVR mentionné comme solution ?

Le TNVR (Trap-Neuter-Vaccine-Return) signifie Capture, Stérilisation, Vaccination et Relâche. C’est la méthode recommandée par l’OMS et les ONG. Elle consiste à capturer les chiens, les stériliser pour stopper la reproduction, les vacciner contre la rage, puis les relâcher sur leur territoire. Cela stabilise la population et empêche l’arrivée de nouveaux chiens non vaccinés (effet de vide).

Quelle est la position officielle de la FIFA sur ce sujet ?

La FIFA a déclaré avoir reçu des assurances de la part des autorités marocaines concernant le respect du bien-être animal et la mise en place de nouvelles lois. Cependant, l’instance dirigeante du football est critiquée par les associations pour son manque d’action concrète et de sanctions face aux preuves de culling (abattage) présentées dans les dossiers d’accusation.

Existe-t-il des lois protégeant les animaux au Maroc en 2026 ?

Oui, la législation marocaine a évolué et prévoit théoriquement des sanctions contre la maltraitance animale. Cependant, l’application de ces lois reste inégale. Paradoxalement, certaines réglementations locales ou projets de loi tendent à pénaliser les citoyens qui nourrissent les animaux errants, créant un conflit entre la protection animale et les politiques de salubrité publique.

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